A Robert Doisneau

January 19, 2015  •  Laisser un commentaire

C'est impossible pour moi de vous parler de Robert Doisneau sans ressentir une profonde émotion. J'avais déjà écrit sur lui dans une précédente version de mon site, et je me trouvais presque orphelin de ne pas parler de lui à nouveau en débutant avec cette nouvelle maquette de steph-photo. Il est pour moi le Maître incontournable dans toute l'étendue de son talent et dans ce regard unique qu'il porte aux êtres dans leur environnement. 

D'aucuns pourraient trouver que je ne me "mouche pas du coude" de partager ainsi un sentiment aussi fort pour un Maître auprès duquel la vile vermine que je suis n'a guère d'autres solutions que de tenter parfois quelques approches. Mais c'est avec des grands soleils qu'on apprend à devenir un reflet. Au risque de manquer de modestie, je vous propose donc une petite synthèse du travail de Robert Doisneau, de sa vie à ses multiples réalisations.

"Rouge gorge" est le surnom qu'on lui a souvent donné. Renaud, si cher à mon cœur , écrit une chanson pleine de nostalgie du Vieux Paris en hommage à notre artiste. Une chanson où Doisneau préserve la mémoire de Panane tandis que quelques "sous-ministres" mettent à mort les quartiers populaires et leurs bistrots. Je vous en propose une vidéo illustrée.

 

 

Quelques mots sur l'existence de Robert Doisneau et sur ses nombreux engagements:

 

"Issue d’une famille de la petite bourgeoisie de la banlieue de Paris, Robert Doisneau cultive depuis sa tendre enfance un amour immodéré pour l’art et les individus qui le façonne. Très tôt, il s’oriente vers une carrière artistique. A 14 ans, il entre à l’école Estienne où il suit une formation de graveur-lithographe. Son arrivée dans un atelier parisien d’art graphique, l’atelier Ulmann, lui permet d’achever sa formation et lui ouvre la voie d’une véritable passion pour le monde de la photographie. Dès 1931, Il se forme au métier de photographe publicitaire et devient l’assistant d’Andrée Vigneau, photographe de mode réputé pour ses clichés anti-conformistes. C’est à partir de cette rencontre qu’il trouve son propre style. 

Il photographie Paris et sa banlieue sous toutes ses coutures. La ville de Lumière sera le thème de prédilection de l’ensemble de son œuvre. De nombreux artistes lui font également confiance et vont contribuer à lui assurer sa renommée. Il tire entre autres les portraits de Pablo Picasso, de Salvador Dali et de Jacques Prévert. Photographe reconnu à l’international, ses captures d’instants de vie seront publiés dans de célèbres magazines : Life, Le Point, Vogue. Plusieurs expositions lui sont encore consacrées aujourd’hui à travers le monde et contribuent à la découverte d’un artiste à la vision humaniste" source

 

Certes, il s'agit là d'un raccourci de sa vie jalonnée de rencontres et de beauté. Etant plus jeune, j'avais sous les yeux en permanence cette remarquable photo du baiser de l'hôtel de ville. Difficile de passer à côté tant elle est emblématique de l'oeuvre de Robert Doisneau. Combien de bêtises n'ont pas été dites à propos de cette image ! Je me souviens de cette rumeur comme quoi Doisneau aurait escroqué ces pauvres petits jeunes qui avaient posé plein d'illusions pour le photographe ... La jeune femme éprise finira par vendre 185 000€ son cliché personnel offert par l'auteur ... et le tendre couple se séparera ...

Pourtant l'histoire de cette image mérite de s'y pencher avec attention. En particulier en utilisant le récit très documenté suivant:


"Ce cliché a été au cœur de nombreux contentieux, dont un procès retentissant du vivant de Robert Doisneau En 1992, le couple Lavergne revendique être les amants de l’hôtel de ville, et réclament 500 000 FF au photographe pour violation de sa vie privée. Ce procès fait resurgir Françoise Bornet qui se fait connaître de Robert Doisneau et fournit, pour prouver qu'elle est bien l'un des protagonistes, un cliché original, numéroté et estampillé que le photographe avait donné aux amants après la séance photo. Françoise Bornet fait, elle aussi, un procès et réclame 100 000 FF de rémunération complémentaire, ainsi qu'un pourcentage sur les bénéfices commerciaux. Depuis la prise du cliché, les amants se sont séparés. Jacques Carteaud refuse quant à lui de se joindre à la démarche, refusant de« transformer cette histoire photographique en histoire de fric ».

Le 2 juin 1993, le tribunal de grande instance de Paris déboute en appel les trois demandeurs. Les époux Lavergne n'ont pas réussi — et pour cause — à prouver qu'il s'agissait bien d'eux sur le cliché. Quant à Françoise Bornet, Robert Doisneau lui même la reconnaît comme étant la protagoniste. Mais le tribunal considère qu'elle ne peut se prévaloir d'un droit à l'image n'étant, du fait de sa position, pas reconnaissable sur le cliché.

Françoise Bornet a mis en vente son cliché original, le 25 avril 2005. Mis à prix à 10 000 € chez Artcurial à Paris, il sera adjugé 185 000 € en présence de sa propriétaire."  Source

Mais sorti de ces histoires sordides où un artiste finit par se retrouver mis en cause pour son talent trop lucratif, il y a une oeuvre immense que je me plais à partager ici. Bien sûr il y a des choix qui sont faits et chacun trouvera d'autres illustrations à proposer. Mais c'est là un peu mon "best of" et le reflet de mes émotions ... Afin d'en simplifier le feuilletage, je vous le propose sous forme d'une vidéo trouvée sur You Tube ... Il faut juste couper le son car il y a là une chanson, bien faite certes, mais dont l'écoute a été parfois un peu trop fréquente à une certaine époque ... Depuis ... Et bien je ne peux plus ... !

 

 

En 2012, à l'occasion du centenaire de la naissance de Robert Doisneau, les hommages et expositions ont connu une surmédiatisation. Chacun semblait avoir un petit bout de l'artiste à montrer, une image à faire découvrir. Reste que c'est à Paris, à l'hôtel de ville justement que la plus grande exposition a rendu les honneurs au photographe ! Un magnifique livre accompagnera cette réalisation:


Mais de tous les hommages, de tous les instants, je me souviens surtout de celui de Sabine Azéma dont la douce tendresse avec le photographe est particulièrement bouleversante dans ce documentaire remarquable qu'elle avait réalisé aux côtés de Robert Doisneau.

Le reportage intitulé "Bonjour Monsieur Doisneau" vaut de passer les 52 minutes devant son écran ... Je vous propose ici les premiers instants ... Une petite recherche devrait assez facilement vous permettre de voir la suite !
 

 

Voila, je suis loin d'avoir tout dit mais je suis heureux qu'il soit là dans ce site. J'espère que vous partagerez avec moi cette émotion pour ce regard si humaniste de ce photographe si inspirant ! Avec d'autres, il compose ce panthéon de la photographie où j'aime à me perdre afin de puiser quelques forces, de nourrir quelques projets !

Pour en savoir plus sur ce remarquable auteur, vous pouvez vous rendre sur le site officiel de l'atelier Robert Doisneau, découvrir sa biographie détaillée sur Wikipedia, ou encore consulter les archives de l'INA à propos de Robert Doisneau.

 


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